La nouvelle construction plus intéressante que la rénovation

06 avril 2017

Désuétude 

Les maisons belges font partie des plus vieilles d’Europe : elles ont en moyenne 52 ans. 38 % datent d’avant la Seconde Guerre mondiale et 25 % ont même été construites avant la Première Guerre mondiale. La production actuelle de nouvelles constructions représente à peine 1 % de l’offre de logements. C’est regrettable, car chaque nouvelle maison contribue à assainir le marché de l’immobilier.

Consommation énergétique élevée

Les vieilles maisons rencontrent des problèmes d’isolation, d’électricité, de condensation, d’humidité et de moisissure. Elles présentent également des risques d’intoxication au CO. Selon une étude, un tiers des anciennes maisons présentent même des problèmes structurels et nécessitent un remplacement.
Pour vous donner une idée : les habitations belges consomment 40 % d’énergie en plus que les maisons néerlandaises. Conséquence : une facture énergétique et des émissions de CO2 très élevées.

Climat

Les maisons « rénovées » ne peuvent pas concurrencer les constructions neuves très écoénergétiques aujourd’hui. Autrement dit, le marché de la rénovation favorise l’augmentation des émissions de CO2 et fait grimper la facture énergétique. Or, un parc immobilier de qualité reste indispensable si nous voulons atteindre les objectifs climatiques.

Densification

La construction neuve ne réquisitionne pas forcément plus d’espace ouvert. Il faut avant tout condenser l’habitat dans les villes et les communes, aux abords des nœuds routiers desservis par les transports publics et des infrastructures utiles au quotidien. La démolition suivie d’une reconstruction offre également une foule de possibilités. Il existe, en outre, de nombreux projets de reconversion intra-urbaine dans le cadre desquels les promoteurs peuvent créer des logements supplémentaires. La construction neuve n’implique donc pas nécessairement une perte d’espace ouvert.

Subventions

Les pouvoirs publics ont créé toutes sortes de subventions et de primes pour stimuler la rénovation et rendre l’offre de logements actuelle moins énergivore. Il n’empêche, les murs ne sont toujours pas isolés dans 55 % des maisons, les conduites ne le sont pas dans 49 % des habitations et 22 % des maisons n’ont pas de vitrage isolant. Quant au sol, il est dépourvu d’isolation dans la plupart des logements. Malgré des années de subventionnement, ces chiffres ne s’améliorent pratiquement pas. C’est la preuve que les primes ont manqué leur objectif.

Uniformisation fiscale

Une question se pose : pourquoi les pouvoirs publics continuent-ils à n’encourager que la rénovation ? Ils devraient faire évoluer les mentalités au profit de la construction neuve économique et tournée vers l’avenir. Pour ce faire, ils pourraient supprimer la discrimination entre la construction et la rénovation : TVA à 21 % pour la première et à 6 % pour la seconde. 
Fixer le taux de TVA de la construction neuve et de la rénovation à 12 % doperait immédiatement la demande de nouvelles constructions. L'avantage serait direct plutôt que d'être échelonné dans le temps grâce à la diminution du montant à emprunter pour une nouvelle construction. La multiplication des nouvelles constructions présenterait de nombreux avantages, y compris pour le trésor public et l’emploi.

Prix fixe ou frais imprévus

Autre argument en faveur de la construction neuve : le prix. Il est fixé à l’avance alors qu’en rénovation, vous n’avez aucune idée de la somme que vous allez devoir dépenser, car il y a toujours des frais inattendus et plus élevés que ce que vous aviez prévu. Qui plus est, vous devez prévoir des frais énergétiques supérieurs, sur toute la durée de vie. À terme, la rénovation ne constitue donc pas la meilleure option.
 


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